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CE QUE THE (!) REVELARE VELUM N’A PAS OSÉ DIRE

  • il y a 8 heures
  • 3 min de lecture

Aujourd'hui il est pour moi indispensable de revenir sur mon article THE (!) REVELARE VELUM , de le compléter, je dirais même plus de lui faire justice.


En effet, si l'on s'est laissé porter au travers de cet article par l'image de l'arbre et de ses racines malades, il me semble désormais essentiel d'admettre que l'analyse est restée en surface. Pointer le père comme le nœud de ce déséquilibre ancestral est une lecture peut-être confortable pour le mental mais elle ne rend pas justice à la complexité de la tragédie qui s'est jouée.


Dans cette dernière, la belle-mère est la force de cristallisation. Elle arrive dans un foyer qui n'est plus une structure mais un décombre émotionnel. Le père pétrifié par son deuil a créé un vide de pouvoir et de sens. En physique comme en psychogénéalogie le vide appelle une forme pour le contenir. Cette femme apporte la forme mais elle le fait avec la seule matière dont elle dispose : le dogme et le contrôle. Son "choix" est là, sur cette ligne de crête étroite entre l'instinct de conservation et la volonté de puissance. Elle n'a pas le choix de sa nature, elle est probablement elle-même le fruit de lignées où l'on survit par la règle et l'exclusion du différent mais elle a le choix de l'usage qu'elle fait de la faiblesse de l'autre. Sa néfasteté, bien que consciente ou inconsciente, n'est pas un accident c'est une stratégie de fondation.


La mécanique profonde ici est l'alchimie entre la démission de l'un et l'ambition de l'autre. Le père "choisit" de ne pas voir, de ne pas savoir, pour s'épargner la douleur de la confrontation. Il délègue sa souveraineté en échange d'un calme de façade. Ce silence est un blanc-seing donné à la cruauté. La belle-mère s'engouffre dans cette délégation. Elle sait que le père ne l'arrêtera pas car il a besoin de son ordre pour ne pas sombrer. Se faisant elle sert sa propre sécurité émotionnelle. C'est quasiment un pacte faustien. Il lui donne la vie de son fils, elle lui donne la structure d'un foyer. En réalité il perd son âme.


Cette mécanique est d'une tristesse absolue car elle est un cycle sans fin. En se nourrissant du vide de l'autre elle ne se remplit jamais vraiment. Elle devient une gardienne de prison dans une cellule qu'elle a elle-même participé à construire. Elle sait, au fond d'elle, qu'elle n'est là que parce qu'une autre est morte.


Cette insécurité originelle est le moteur de sa violence. Elle ne peut pas tolérer l'enfant qui "voit" car s'il voit tout, il voit aussi sa peur à elle, son imposture, sa nudité derrière sa bigoterie. En faisant exécuter l'enfant elle tente de tuer le témoin de sa propre fragilité. On est ici dans une dynamique de miroir brisé. Le père refuse de regarder la réalité en face et la belle-mère brise le miroir (l'enfant) qui l'obligerait à voir sa propre condition.


Au final, la responsabilité est partagée dans une circularité parfaite. Le père crée le besoin de tyran par sa passivité et la femme devient tyran par peur de l'effondrement. L'injustice n'est pas un acte isolé c'est un climat. La racine est empoisonnée par ce refus collectif de la vérité. Le père refuse la vérité de son deuil et la femme refuse la vérité de sa place. L'enfant médium est sacrifié sur l'autel de ce double déni. Comprendre cela c'est voir que la liberté ne revient pas en punissant l'un ou l'autre mais en refusant de nourrir ce mécanisme de survie par l'écrasement. C'est accepter que le vide ne doit pas être comblé par la force mais traversé par la conscience. Tant qu'on ne regarde pas ce triangle de plein front on reste le jouet de ces ombres qui, d'un siècle à l'autre, cherchent encore une tête à couper pour ne pas avoir à regarder leur propre vide.


❗️Important : Pourquoi à l'époque ne suis-je pas allée jusqu'au bout de l'explication et de la mécanique ? En tant que médium j'ai capté la vérité brute de la scène, je mentirai aujourd'hui si je disais que je ne l'avais pas capté mais en tant que femme héritière d'une lignée où les mères ont été dépossédées de leur propre vie par les hommes je me suis heurtée à un miroir inversé trop douloureux. J'ai vu l'acte mais ma loyauté m'a empêchée de le nommer préférant définir la faille de l’homme plutôt que d'admettre la possible rigidité d'une femme.

© 2016 JUSTCALLMELUCIE

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