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LE MIROIR, LA LUMIÈRE ET LA LIBERTÉ INTÉRIEURE {THE 🗝️}

  • il y a 8 heures
  • 3 min de lecture

Le présent article est susceptible de piquer un peu, les deux d'ailleurs, selon l'endroit du parcours où vous vous trouvez, ce n'est pas son but, au demeurant je ne peux pas passer sous silence cette réalité dans cette série d'articles explicatifs.


Dans le parcours de flammes jumelles il est courant de dire que l'autre est un miroir. Une métaphore poétique pour définir un phénomène en partie psychique qui renvoie chacun à la structure profonde de son identité, à ce qui s'est construit dans l'enfance, dans les loyautés familiales, dans l'attachement, dans les fractures précoces et dans les mécanismes de survie comme déjà évoqué précédemment.


En effet chaque être humain porte un miroir interne composé de plusieurs strates : l'histoire affective, les blessures, les refoulements, les désirs, les évitements, les croyances héritées. Ce miroir n’est pas neutre. Il filtre, déforme, amplifie, protège. Il fonctionne souvent en pilote automatique.


Dans une relation "ordinaire", cette architecture intérieure reste largement invisible mais dans un lien de flammes jumelles elle se trouve activée, accélérée, mise en tension. L'autre devient un

révélateur de zones psychiques que l’on aurait préféré laisser endormies. Ça aussi j'en ai déjà parlé.


Et c'est là que je veux apporter une précision importante. Chacun possède un seuil de tolérance à la vérité intérieure. Regarder son propre miroir demande une capacité émotionnelle spécifique.

Supporter la dissonance, accepter la perte d’une illusion protectrice, affronter une peur archaïque, reconnaître une incohérence intime. Et face à ça aucun lien, même le plus puissant, ne peut provoquer ce passage à la place de l’autre. La vision exige la disponibilité psychique de la personne. Sans cette disponibilité le miroir devient anxiogène voire menaçant.


C'est pourquoi beaucoup détournent le regard. Fuient, se rigidifient, rationalisent, ou invoquent des obligations extérieures, ça ne veut pas dire qu'il n'y en pas mais que c'est brandi comme un étendard, pour éviter la confrontation. C’est un mécanisme de régulation émotionnelle.


Au demeurant, et là aussi se trouve un point important et c'est ici que lien prend une dimension particulière. Lorsqu'une personne commence à affronter ses blessures, à clarifier ses zones d’ombre, à assouplir ses défenses, quelque chose change dans la dynamique psychique globale du lien. On pourrait dire que l’appareil psychique de l’un influence la pression interne de l’autre.


En effet quand l'un "nettoie" son miroir il dissout une partie des projections qu’il envoyait inconsciemment. Il clarifie son système émotionnel. Il devient moins réactif, moins défensif, moins confus. Il gagne en cohérence interne. Et cette cohérence nouvelle agit comme un stimuli silencieux. Elle vient perturber l'équilibre de l’autre qui reposait souvent sur des systèmes de défense rigides. Car, je le répète à nouveau, chez de nombreuses flammes jumelles la fuite n’est pas une décision rationnelle même si elle est déguisée en tant que telle. C’est une stratégie psychique structurée, adaptée à une blessure profonde.


Lorsque l’un devient plus clair la stratégie commence donc à craquer. Non pas par magie mais parce qu'elle est soudain en contradiction avec le nouvel environnement émotionnel. Le système défensif de l’autre reçoit une information nouvelle qui ressemble à "l'ancien mode de protection n'est plus compatible avec la réalité du lien."


Concrètement cela crée une tension intérieure. Un tiraillement entre la peur qui pousse à fuir et la vérité émergente qui appelle à se regarder. Ce n’est pas de la contrainte, ce n’est pas de la pression, ce n’est pas une influence agressive, là encore j'insiste (!), c’est une réorganisation psychique. Ce qui était supportable devient incohérent. Ce qui était stable devient fragile. Ce qui était une fuite devient une dissension amenant à une forme d'accélération intérieure. Culpabilité diffuse. Malaise sans cause apparente. Sentiment d'inévitable. Retour compulsif de pensées. Impossibilité de se stabiliser dans le retrait. L'inconscient commence à travailler malgré tout.


Attention quand l’un se clarifie, l'autre peut toujours éviter, peut toujours se protéger, peut toujours refuser de voir. Mais ... ce refus coûte de plus en plus cher psychiquement. Il demande davantage d'énergie, davantage de rationalisation, davantage de distance émotionnelle. Le système interne s'épuise.


Le paradoxe profond ici étant que d'un côté chacun doit regarder son propre miroir et aucun être humain ne peut voir à la place d’un autre ! De l’autre le mouvement intérieur de l'un agit comme un perturbateur de la structure psychique de l'autre.


Ce double principe crée un terrain unique : un lien où la liberté de chacun reste absolue mais où l’avancée de l’un devient un facteur d'évolution ou de crise pour l'autre.


L'un ne force jamais mais l’autre ne peut plus ignorer aussi facilement.


Pour conclure et synthétiser le lien des flammes jumelles est un terrain où la liberté de voir reste personnelle. La lumière" circule entre les deux psychismes. Le travail intérieur n’impose rien mais il transforme l'équilibre global jusqu'à rendre la vérité plus difficile à refouler qu'à accepter.


Le miroir n'est jamais forcé mais il devient impossible à oublier.

© 2016 JUSTCALLMELUCIE

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