top of page

POURQUOI L’AUTRE ? {THE 🗝️} #4

  • Lucie
  • il y a 3 jours
  • 2 min de lecture

Après "pourquoi moi ?" je me dois d'aborder un questionnement tout aussi important et qui s'impose tout autant "pourquoi l'autre ?".


Je me lance sans digression.


Parce que cette personne n'est justement pas "une personne" mais un miroir précis. L'autre n'est pas choisi pour sa personnalité, ses qualités, son rôle, ce même s'il y a une attraction, une reconnaissance de l’autre comme homme/femme (homme/homme, femme/femme), une intensité fulgurante. Il est choisi au sens inconscient parce qu'il porte la même fracture fondamentale mais positionnée à l'endroit inverse. L'un porte la blessure en conscience, l'autre la porte en défense pour être plus claire. Résultat quand ils se rencontrent ça s'emboite parfaitement, trop parfaitement pour être supportable avant le cheminement. Avec quelqu'un d'autre cela ferait écho, toucherait mais ne désorganiserait pas l'identité.


Parce que les systèmes nerveux se reconnaissent. C'est un point clé souvent oublié que j'ai évoqué dans l'article précédent vos systèmes nerveux respectifs ont appris très tôt que l'amour est synonyme d'intensité, de danger et de vérité aussi quand ces deux systèmes se rencontrent il y a une reconnaissance immédiate. Avec quelqu'un d'autre le lien serait plus simple mais il ne déclencherait pas l'effondrement de l'ego. Ici il vient toucher la limite invisible, le point où l'on s'est toujours adapté. La vérité qu'on a pas su vivre sans risque et l'autre non plus. Le point de rupture intérieure.


Cette personne est capable de fuir ce que l'autre ne peut pas nier. En effet il y a un paradoxe central entre ces deux personnes celui qui ressent le plus ne peut pas partir intérieurement et celui qui ressent autant n'a pas les outils et fuit extérieurement. Cela ne peut exister qu'avec quelqu'un qui vous touche profondément mais dont la structure repose sur le contrôle, la loyauté ou le déni. Avec quelqu'un d'autre et dans les histoires antérieurement ou simultanément vécues pendant le parcours il y aurait ou il y a un ajustement pas une polarisation.


Ce lien sert une fonction précise : faire émerger une vérité refoulée, forcer une individuation, rompre une fidélité inconsciente sociale et identitaire. Seule cette personne est fonctionnelle à cette tâche parce qu'elle y a accès depuis le même endroit blessé.


Elle a la clé exacte, de la serrure exacte qui ouvre la porte que la psyché avait juré de ne jamais ouvrir. Elle est là pour ouvrir la porte avec une charge émotionnelle suffisante pour que la transformation ait lieu. Là où l’amour n’a plus besoin d’être vécu pour être vrai et qui paradoxalement le rend à terme plus vrai, plus juste, plus libre, plus adulte.


Au final il ne partagent pas un amour au sens classique ils partagent une traversée. Celle d'un effondrement simultané, d'une vérité révélée au même endroit. Guéris ils ont vu la même chose au même endroit et ça personne d'autre ne l'a vu avec eux.


Ce qui a été vécu devient une couche fondatrice de l’identité. Ils peuvent regarder sans se dissocier, sentir sans s'accrocher, aimer sans se perdre. C'est non reproductible, non comparable, hors hiérarchie pas parce que cet amour est "meilleur" mais parce qu'il est fondateur il est le vécu qui a rendu capable d’aimer autrement. Consciemment.


Ils se sont rencontrés avant de savoir comment se protéger et ne pourront jamais faire comme si cela n’avait pas existé.

© 2014 LJDG 

bottom of page