POURQUOI MOI ? {THE 🗝️} #3
- Lucie
- il y a 3 jours
- 4 min de lecture
Le moi est ici générique en effet c'est une question qui peut honorablement se poser et que certainement tout le monde se pose à un moment donné dans ce parcours : pourquoi moi ?
Je m'embarque dans une question complexe mais qui mérite vraiment d'être abordée.
Tout le monde n'a pas la même architecture intérieure, lapalissade inside (c'est mon truc), pour autant c'est vrai, et donc n'est pas destiné à vivre une relation qui détruit l'égo plutôt que de le rassurer.
En effet cela demande une identité déjà fissurée souvent depuis l'enfance via une sensation de décalage, une lucidité précoce, un sentiment de ne jamais vraiment être "chez soi" dans le monde. Via des traumatismes. Ce ne sont pas forcément des violences visibles mais souvent des traumatismes silencieux, des manques, des inversions de rôles (enfants/parents), une absence de miroir émotionnel, un amour reçu mais mal accordé ou pas accordé à qui l'on était vraiment. De fait des systèmes nerveux plus sensibles, plus réceptifs, ouverts aux signaux subtils ce qui permet à la rencontre de traverser les défenses.
Une partie de soi a dû à un moment donné se taire, se couper, attendre, éprouver une confusion entre amour et danger. Mais (!) et c'est vraiment important la personne que vous rencontrez ne crée pas la fracture elle réveille la partie en suspens. Elle n'est pas là pour retraumatiser mais rendre le trauma impossible à nier, faire tomber les stratégies de survie et forcer à la réintégration de ce qui a été coupé. Elle la met en lumière sans anesthésie et si on passe au bloc sans anesthésie ça pique, ça pique fort.
Attention le traumatisme seul ne suffit pas il faut une conscience capable de le regarder d'où l'identité que j'ai appelé déjà fissurée pour rester dans un domaine hors spirite dans cet article. Puisque la vraie question posée n'est pas "est ce que j'ai été traumatisé.e ?" mais "qu'est-ce qu'en moi je n'avais pu sentir en sécurité ?".
On retrouve aussi des personnes avec une impossibilité à se contenter de relations "qui fonctionnent mais ne vibrent pas" mais ne le vivent pas en raison de fidélités transgénérationnelles ou traumatiques comme vu précédemment. Ce désir n'est pas forcément un désir conscient avant d'être révélé c'est un appel silencieux parfois même refusé intérieurement d'où les moments de déni.
Une capacité à aimer sans contrôle. La rencontre arrive quand le coeur est plus fort que le besoin. Et c'est sur ce point que bizarrement, pourrait-ont penser pour le bizarrement, cela arrive à des gens qui ont besoin de sécuriser ce qui rend l'expérience complexe.
Pourquoi ?
Parce que le désir de sécurité, comme vécu ici je ne parle pas de personnes dites toxiques, vient souvent d'une grande capacité à aimer. Elles sont souvent profondément investies, capables d'attachement réel, de soin et de loyauté. Or l'amour qui veut durer est aussi un amour qui peut s'ouvrir très grand et ce qui est touché ici n'est pas la superficialité mais l'engagement intérieur.
De plus leur sécurité même si elles s'y accrochent est souvent déjà craquelée. En effet derrière ce besoin de sécuriser il y a une fatigue de l'instabilité, une peur du chaos doublée d'une tentative honnête de tenir debout. Mais en réalité cette sécurité est construite mentalement plus que profondément intégrée. Il y a ici une révélation de fragilité.
Mais aussi, et j'ai envie de dire surtout, parce que cet amour ne demande pas "moins de sécurité" mais une autre sécurité. C'est un des points le plus important il ne dit pas "abandonne toute sécurité" mais "la sécurité que tu cherches ne peut pas venir de la forme". Il n’arrive pas pour détruire la sécurité mais pour montrer où elle ne peut pas être trouvée.
Sécuriser n'empêche pas d'être perméable on confond souvent vouloir sécuriser et être fermé. La sécurité est parfois une digue posée face à une mer intérieure vaste. Cet amour là ne choisit pas les plus libres en apparence ni les plus détachés mais ceux qui sont sincères et qui veulent bien faire. Mais je vous renvois au paragraphe précédent qui se sont sans doute trompés sur la forme.
Pour résumer parce que votre structure et l'extérieur permettent que ça arrive. Via une sensibilité à ce qui vous entoure, ce qui existe au sens large de l'existence. Chez des personnes pour qui l'amour n'est pas cantonné au psychologique mais est structurel. Là où il y a une porosité qui pourrait être qualifiée d'existentielle. Parce que c'est la bonne configuration au bon moment pour produire un déplacement de conscience. Mais aussi et c'est essentiel en raison d'un épuisement, alors conscient ou non, de l'ancien. Quand la structure craque quelque chose de plus grand peut apparaître.
Mais (!) et s'il y avait une question sous-jacente qui était "qu’est-ce que cette expérience est venue réveiller que rien d’autre n’aurait pu ?" et que je recherchais.
Oui mais alors quoi ? Je suis sympa je vais répondre ici sans imposer l'attente d'un autre article ☺️.
La vérité affective brute. Avant cette rencontre vous pouviez vous attacher, vous engager, même souffrir mais sans être totalement mis à nu. Désormais l'amour n'est plus ni un rôle, ni une adaptation, ni une loyauté invisible. Une fois la traversée effectuée quand vous aimez vous ne vous trahissez plus.
La blessure que vous aviez rendue "vivable". Celle qui était suffisamment intégrée pour ne plus crier mais que vous n'aviez jamais réellement rencontrée par peur de retirer la couche de protection.
Votre capacité à rester présent.e dans l'intensité. Ne pas fuir quand ça brûle. Ne pas vous dissocier quand ça fait trop. Ne pas réduire l'amour pour survivre.
Mettre fin à l'illusion du "bon choix". Cette expérience vous apprends que la vérité peut faire tomber la sécurité illusoire mais qu'elle garantit la justesse.


