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L’AMOUR DE RECONNAISSANCE {THE 🗝️} #1

  • Lucie
  • il y a 3 jours
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

Allez on y va on met les pieds dans le plat on pose des mots intelligibles.


Alors concrètement quand on sort du prisme spirituel les flammes jumelles c'est quoi ? Que se passe t-il de façon très incarnée ? Quelle est cette forme d'amour a priori si difficilement palpable quand ça nous tombe littéralement dessus.


Si je devais résumer tout ça je dirais que c'est un amour de reconnaissance. C'est d'ailleurs en ces termes que je l'ai personnellement ressenti avant de me perdre dans les méandres de ma propre psychologie.


Il est si difficilement situé et situable parce que nous n'avons pas l'habitude de vivre ce type d'amour ordinairement.


En effet c'est un amour vécu à travers une personne mais qui dépasse la possession, l'histoire et le moi. Il ne "prend" pas comme pourrait le faire l'amour amoureux mais il ouvre.


De fait il bouleverse autant parce que l'amour vécu de façon "classique" renforce l'identité, confirme le moi et construit un récit. Ici c'est l'inverse. À savoir que le moi se fissure, les repères tombent et le récit ne tient plus. On aime mais sans pouvoir réduire l'amour à une forme connue. C'est un peu what the fuck ou profondément déstabilisant dit de façon plus élégante.


Déstabilisant parce qu'il touche l'universel sans quitter l'incarnation. L'universel est vaste mais abstrait, l'amour amoureux est incarné mais limité, celui-ci fait les deux à la fois. Ce n'est pas un amour qui veut quelqu'un. C’est un amour qui révèle quelque chose à travers quelqu'un. Il donne accès à l'illimité dans un visage précis et la psyché humaine pour le moins que l'on puisse dire n'est pas vraiment paramétrée, en tous cas de nos jours, pour contenir longtemps cette coïncidence.


Alors elle essaie de "gérer" mais cet amour est un amour vivant au sens presque sacré du terme pour le coup, qui a besoin de circuler, de vivre, et qui de fait ne supporte pas la capture, la sécurisation et la réduction à un statut. Dès qu'on essaie de le normaliser, de le contenir, il se contracte ou/et fait mal. Il est. Le fameux "c'est".


Il ouvre la conscience, la perception et tend à ouvrir l'identité entière. Une ouverture qui dans l'instant n'est pas toujours désirée parce que ça ouvre trop fort, trop vite, trop profondément sans offrir de structure immédiate pour accueillir ce qu'il ouvre. Il est rare, longtemps instable et exigeant.


Ce qu'il est important de préciser c'est que cet amour n'est pas une illusion spirituelle, ce n'est pas un attachement déguisé ou encore un fantasme. C'est un seuil.


D'ailleurs paradoxalement il est extrêmement sûr parce qu'il ne dépend pas de la forme et ce qui ne dépend pas de la forme ne peut pas être détruit par la forme. Je m'explique une relation, un projet, un statut peuvent changer, se rompre, se perdre, restent fondamentalement fragiles sans notion d'effort à savoir vouloir garantir, retenir, sécuriser. Ici il n'y a rien à défendre. Il ne dépend pas d'un scénario ni même d'une continuité visible (!).


Sa vraie garantie n'est pas la durée mais la vérité et c'est là que tout se renverse. La plupart des humains confondent sécurité avec durée, exclusivité et promesse alors que la vraie sécurité est ne pas se trahir en aimant et cet amour garantit une chose absolue ce qui est vécu est vrai, toujours au sens de vérité profonde, et le vrai ne peut pas être annulé. Ce qui a été ouvert reste ouvert et la conscience ne reviendra jamais en arrière.


Encore faut-il faire admettre à l'égo qu'il est, cet amour, ontologiquement sécurisant. Pour son fonctionnement habituel c'est l'illusion de sauter sans filet. Une relation vécue comme un espace et pas comme une possession demande une sécurité intérieure des deux côtés. En effet Il faut se laisser transformer par l'amour sans exiger qu'il prenne immédiatement une forme rassurante.

Cet amour demande d'abord une présence à soi. C'est pourquoi il demande que les deux aient traversé suffisamment de désillusions, qu'il aient désolidarisé amour et survie et que les deux puissent aimer sans urgence. La liberté doit être réelle, la vérité circuler. La relation n'est plus un remède mais une rencontre consciente. Pour l'humain qui veut des formes, des cadres, des garanties c'est vertigineux à traverser.


On ne cherche plus à être sauvés par l'amour avec le paradoxe d'avoir été sauvés par lui au travers de la conscience qu'il a ouverte en chacun. La relation devient une coexistence entre deux êtres entiers qui peuvent être pleinement authentiques, nommer leur limite et dans laquelle la vérité prime sur la peur de perdre.


C'est la découverte que l'amour circule mieux entre deux êtres debout qu’entre deux êtres qui s’appuient l’un sur l’autre.

© 2014 LJDG 

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