YOUR SILENCE WILL BE STUDIED
- Lucie
- il y a 1 jour
- 2 min de lecture
Ces dernières semaines ce qui se passe aux États-Unis est d’une gravité extrême.
Les faits sont là. Documentés. Répétés. Indiscutables. Et pourtant ce qui me frappe ce n’est pas seulement la violence insoutenable ou les dérives en cours. C’est le silence.
Le silence de personnes informées.
Le silence de personnes qui savent.
Le silence de personnes qui hier encore ou aujourd’hui d’ailleurs ont une parole pour des banalités.
Ce silence-là n’est pas une absence.
C’est un choix.
Le silence est un choix.
Pendant longtemps j’ai cru que le silence pouvait être une forme de sagesse. Je l’ai même défendu y compris à mon insu. Par habitude. Par protection. Par déformation traumatique aussi. Se taire pour moi c’était éviter l’escalade, ne pas jeter d’huile sur le feu, rester à l’abri, rester correcte.
J’ai confondu le silence avec la paix.
Aujourd’hui je comprends autre chose. Le silence ne protège pas. Il laisse faire.
Se taire quand la situation est grave, quand on sait que d’autres souffrent ce n’est pas rester neutre. La neutralité n’existe pas dans les moments de bascule. Ne rien dire c’est accepter que l’inacceptable devienne la norme.
Le silence arrange. Il évite de se positionner. Il évite de perdre des soutiens, d’être catalogué, d’être attaqué. Il évite surtout de se sentir responsable.
Mais ce confort a un prix car le silence ne suspend pas la violence il la déplace. Il la concentre sur ceux qui n’ont déjà plus de voix. Il isole. Il fait porter le poids à quelques-uns pendant que d’autres regardent ailleurs.
Attention il y a évidemment des silences qui sont nécessaires. Des silences de deuil, de recul, de réparation intérieure mais il y a aussi des silences qui blessent. Des silences qui trahissent. Des silences qui fabriquent de la souffrance collective.
Je ne crois plus que le silence soit une vertu en soi. Je crois qu’il faut l’interroger. Toujours.
Parce que se taire n’est jamais un geste vide. C’est une posture.
Et souvent c’est une façon de choisir sans l’assumer.


